Au coin de ma rue

Petits commerces, grands impacts : pourquoi ils sont essentiels à notre quartier et à la vitalité du centre-ville

Petits commerces, grands impacts : pourquoi ils sont essentiels à notre quartier et à la vitalité du centre-ville

Petits commerces, grands impacts : pourquoi ils sont essentiels à notre quartier et à la vitalité du centre-ville

Dans beaucoup de centres-villes, la même question revient : que serait notre quartier sans sa boulangerie du coin, son petit libraire, le café où l’on se retrouve, l’épicier qui connaît le prénom des enfants ? On s’en rend souvent compte trop tard, quand le rideau métallique reste baissé pour de bon.

Derrière ces vitrines parfois un peu vieillottes, il y a bien plus que du commerce : des emplois, du lien social, de la sécurité, de l’animation, et même une partie de la valeur de nos logements. Autrement dit, ce qui fait qu’un centre-ville est vivant… ou désert.

Un centre-ville sans petits commerces, ça ressemble à quoi ?

Il suffit de se promener un dimanche après-midi dans certains centres-villes pour voir la différence. D’un côté, des rues avec :

De l’autre, ces quartiers où, même en dehors des heures de pointe, on croise des gens :

La différence entre les deux ? Dans 90 % des cas, ce n’est ni le climat, ni l’architecture : ce sont les petits commerces ouverts, variés, accessibles à pied.

Pour un habitant, ça change tout. Un quartier avec commerces de proximité est un quartier où l’on peut :

Pour un centre-ville, c’est presque une question de survie : quand les commerces ferment, les habitants partent, les services suivent, et le cercle devient vite vicieux.

Des emplois locaux, visibles et non délocalisables

On parle beaucoup de l’impact de notre consommation sur l’emploi, mais rarement de façon concrète. Un petit commerce, c’est :

Un libraire indépendant explique souvent la même chose : « Quand vous achetez un livre chez moi, l’argent reste en ville. Une partie paie le loyer que je verse à un propriétaire local, une autre paie le salaire de mon employé, le reste fait tourner d’autres entreprises du coin. »

À l’échelle d’une rue commerçante, ça représente :

Ce sont aussi des emplois qui ne partiront pas à l’autre bout du monde. Une boulangerie, un salon de coiffure ou une boutique de réparation de vélos ne peuvent pas être délocalisés : soit ils sont là, soit ils n’existent pas.

Un rempart discret contre l’insécurité et le sentiment d’abandon

On les voit comme des commerces, mais les petits magasins de quartier jouent un autre rôle, moins évident : celui de « veille informelle » dans l’espace public.

Un centre-ville avec des commerces ouverts, c’est :

Concrètement, cela réduit :

Plusieurs communes qui ont mené des opérations de réouverture de boutiques vacantes (aides aux loyers, soutien à l’installation de nouveaux commerces) constatent la même chose : quand les rideaux se relèvent, les plaintes pour troubles et incivilités baissent, et les habitants disent « se sentir mieux » dans leur centre-ville.

Des lieux où l’on vient acheter… et parler

On caricature parfois le petit commerce en opposition aux grandes surfaces : d’un côté le sourire, de l’autre les prix. En réalité, la différence principale est ailleurs : dans la qualité du lien humain.

Dans une supérette de quartier, un café ou une petite boutique, il se passe souvent la même scène :

Ce sont ces phrases qui ne coûtent rien mais qui, répétées, créent du lien :

Pour les personnes âgées, isolées, en télétravail ou nouvellement installées dans la ville, ces échanges font office de petite bouffée d’oxygène. Beaucoup le disent : « Si je ne passais pas chez le boulanger ou au tabac-journaux, je ne parlerais à personne de la journée. »

Le commerce de proximité devient alors un lieu :

Un moteur pour les événements locaux et la vie culturelle

Les petits commerces sont rarement en première ligne sur les affiches des festivals ou des grandes manifestations. Pourtant, ils sont souvent en coulisses :

Une librairie qui organise une rencontre avec un auteur local, un bar qui propose un concert le vendredi, un caviste qui fait une dégustation thématique, un salon de thé qui expose un photographe du quartier : tout cela contribue à animer le centre-ville, sans forcément passer par les grandes salles ou les budgets énormes.

Pour la municipalité et les associations, ces commerces sont aussi des relais précieux :

Un impact concret sur la valeur des logements et l’attractivité

Les agents immobiliers le disent sans détour : deux rues identiques, mêmes immeubles, même surface des logements, mais dans l’une une vraie vie commerçante et dans l’autre rien… le prix au mètre carré ne sera pas le même.

Quand un acheteur visite un appartement, il pose généralement les mêmes questions :

La présence de commerces :

Pour une ville, un centre-ville commerçant devient aussi un argument pour :

Pourquoi les petits commerces ont-ils tant de mal à tenir ?

Si leur rôle est si important, pourquoi voit-on autant de rideaux qui se ferment ? Les raisons sont souvent très concrètes :

À cela s’ajoute parfois un changement dans nos habitudes :

Certains commerces essaient de s’adapter :

Mais il faut être lucide : sans un minimum de clients réguliers, même le commerçant le plus motivé finit par fermer. D’où l’importance, pour les habitants, de réfléchir à la façon dont ils consomment.

Comment, concrètement, soutenir les petits commerces de son quartier ?

Il ne s’agit pas de tout acheter en bas de chez soi ni de payer trois fois plus cher. Mais quelques gestes simples peuvent faire la différence :

Ce que peuvent faire les élus… et ce que les habitants peuvent demander

La survie des petits commerces ne repose pas uniquement sur les épaules des habitants. Les collectivités locales ont aussi un rôle important, parfois méconnu :

Les habitants peuvent, eux, faire remonter leurs besoins :

Et dans dix ans, on veut quoi pour notre centre-ville ?

C’est peut-être la question la plus simple à poser, un soir, en rentrant chez soi : à quoi on veut que ressemble notre quartier dans dix ans ?

Une traversée rapide en voiture entre deux zones commerciales, ou un endroit où l’on descend à pied pour :

Les petits commerces ne régleront pas tous les problèmes d’un centre-ville, mais sans eux, la ville perd une bonne partie de ce qui la rend vivante. Chaque achat, chaque visite, chaque mot échangé en bas de chez soi participe, à sa manière, à garder cette vitalité.

La prochaine fois que vous pousserez la porte d’une boutique du coin, posez la question au commerçant : « Qu’est-ce qui vous fait tenir ici, dans ce quartier ? » Vous serez souvent surpris par la réponse. Et vous repartirez peut-être avec quelque chose de plus qu’un simple ticket de caisse : une autre manière de regarder votre centre-ville.

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